Jean : la fin approche

Jésus a donné à l’apôtre Jean, et à son frère Jacques, le nom de « fils du tonnerre » (en grec, boanerges). Dans le dernier numéro, nous avons vu, à travers la réaction des deux frères dans certaines situations, les raisons pour lesquelles cette appellation pourrait se justifier. Toutefois, tandis que Jean avance dans l’existence, il devient mieux dépeint par sa désignation d’« apôtre de l’amour ».

Dans la suite de sa première épître, Jean a défini ce type de perturbation comme l’indication que la fin des temps avait commencé et que la société des hommes allait devoir évoluer. Ses deuxième et troisième lettres abordent aussi des sujets liés à la fin de l’ère humaine, de même que le livre de l’Apocalypse.

Convaincu que la fin approchait parce que les faux prêcheurs se multipliaient et que certains croyants écoutaient leurs idées trompeuses, Jean a lancé un avertissement et rappelé la vérité : « Petits enfants, c’est la dernière heure, et comme vous avez appris qu’un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c’est la dernière heure. » (1 Jean 2 : 18, Nouvelle édition de Genève 1979 pour cet article).

La confusion dans l’enseignement est un indice de la fin des temps. Généralement, les faux docteurs ne parlent pas comme des imposteurs. Jean explique que le cas ultime de faux prêcheur, connu comme l’antéchrist ou l’« anti-Christ », reste à venir. Toutefois, comme l’événement ne s’est pas encore produit et que le mensonge envahit le système du monde, les antéchrists (au pluriel), précurseurs de l’ultime faux prêcheur, vont se répandre dans l’intervalle. Parfois, ils font partie de l’Église un moment : « Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres ; car s’ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres. » (verset 19). Ces individus passeront dans les rangs de l’Église tandis que celle-ci poursuivra son œuvre.

On peut s’interroger sur le dessein d’un antéchrist. Il s’agit bien sûr d’éloigner son peuple de Christ par la supercherie. Pour résorber la tentation éventuelle de suivre ces idées, Jean encourage ses lecteurs en leur rappelant leur conversion et combien elle leur avait été bénéfique sur le plan spirituel. L’Esprit Saint a d’abord éveillé leur réflexion à la vérité. L’apôtre fait également remarquer que tous ceux qui viennent en tant que prêcheur tout en niant que Jésus est le Christ rejettent aussi le Père, et ne sont pas du tout sur la même longueur d’onde spirituelle que le Père et le Fils (versets 20‑23).

Face à de telles attaques, il est important de rappeler l’enseignement fondateur : « Que ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous. Si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous, vous demeurerez aussi dans le Fils et dans le Père. Et la promesse qu’il nous a faite, c’est la vie éternelle. » Jean poursuit en expliquant que l’onction de l’Esprit Saint protège et renseigne l’intelligence contre le mensonge. Ainsi, le croyant doit « demeurer » en Christ, c’est-à-dire qu’il doit continuer à vivre selon sa doctrine, rester aux côtés du Maître (versets 24‑27).

En prolongeant ce lien avec Christ, les fidèles garderont confiance en son retour : « Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui, afin que, lorsqu’il paraîtra, nous ayons de l’assurance, et qu’à son avènement nous n’ayons pas la honte d’être éloignés de lui. Si vous savez qu’il est juste, reconnaissez que quiconque pratique la justice [ou a l’habitude de vivre en suivant la bonne voie] est né de lui. » (versets 28‑29). Pratiquer un mode de vie juste, en suivant la bonne voie, distingue le véritable partisan et le gnostique qui, lui, croit en ce qui est faux et, de ce fait, a l’habitude de vivre d’une manière condamnable.

LES ENFANTS DE QUI ? 

La vérité est que Dieu appelle effectivement des croyants en particulier, et leur donne accès à la connaissance de la justice. Toutefois, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles les croyants vont dans le monde sans être reconnus. Faute d’une relation avec Dieu et avec sa Voie, ceux qui ne sont pas ses partisans ne peuvent pas reconnaître ceux qui le sont (1 Jean 3 : 1).

On ne connaît pas encore la forme éternelle qu’aura le peuple de Dieu. Néanmoins, Jean précise que tous ressembleront à Christ ressuscité lorsqu’il reviendra : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsqu’il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. » (versets 2‑3). Ce savoir devrait conduire le croyant à mener une vie dans le souci constant de s’améliorer sur le plan spirituel (versets 2‑3).

Jean oppose cette démarche aux actes de celui qui ne se consacre pas à suivre la voie de Dieu. Cette personne est en réalité un enfant de l’adversaire et il mène régulièrement une existence non conforme à la loi divine concernant la vie. Pécher se définit comme vivre hors la loi et, comme Jean l’indique, Christ est mort pour que les péchés soient pardonnés : « Quiconque pratique le péché transgresse la loi, et le péché est la transgression de la loi. Or, vous le savez, Jésus a paru pour ôter les péchés, et il n’y a point en lui de péché. » (versets 4‑5). Un croyant ne pratique pas un mode de vie condamnable. Le choix se pose entre être un enfant de Dieu ou un enfant de l’imposteur par excellence, le diable, dont Christ est venu annihiler les œuvres : « Quiconque demeure en lui ne pratique pas le péché […]. Celui qui pratique le péché est du diable, car le diable pèche dès le commencement. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. Quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher, parce qu’il est né de Dieu. » (versets 6‑9).

Pour résumer son propos, Jean rappelle à ses lecteurs que la juste manière de vivre, celle qui a été enseignée à l’origine par Christ, intégrait l’amour du prochain : « C’est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n’est pas de Dieu, ni celui qui n’aime pas son frère. » (verset 10).

L’AMOUR FRATERNEL 

Pour compléter ses explications sur l’amour fraternel du point de vue divin, Jean ramène son auditoire jusqu’au commencement de la civilisation humaine : « Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres, et ne pas ressembler à Caïn, qui était du malin, et qui tua son frère. Et pourquoi le tua-t-il? Parce que ses œuvres étaient mauvaises, et que celles de son frère étaient justes. » (versets 11‑12).

Ce sont la jalousie à l’égard de la vie de son frère empreinte de justice, ainsi que la culpabilité liée à ses propres manquements, qui ont conduit Caïn à assassiner son frère. C’est toujours la même chose : le mal ne supporte pas la justice. En conséquence, « [n]e vous étonnez pas, frères, si le monde vous hait. Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son frère est un meurtrier, et vous savez qu’aucun meurtrier n’a la vie éternelle demeurant en lui. » (versets 13‑15).

La volonté de Christ de mourir pour autrui devrait nous inciter au sacrifice pour le bien de notre prochain. C’est ce qui définit l’amour divin : « Si quelqu’un possède les biens du monde, et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. » (versets 16‑18). Jean souligne que la signification pratique d’aimer, au lieu de haïr, nos frères et sœurs est de subvenir à leurs besoins. Et comme le condisciple de Jean, l’apôtre Paul, l’a expliqué des années plus tôt, cette main tendue est destinée à toute l’humanité : d’abord l’Église, puis tous les autres (Galates 6 : 10).

« L’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles. »

1 Jean 5 : 3

Jean amène alors sa démonstration à une conclusion. Il souligne que le véritable amour pour nos frères et sœurs doit nous donner confiance devant Dieu. Nous n’avons rien à craindre puisque Dieu est disposé non seulement à nous pardonner, mais aussi à nous bénir d’avoir vécu selon ses commandements et de croire en Christ (1 Jean 3 : 19‑24).

L’EXPOSÉ DES ENSEIGNEMENTS FONDAMENTAUX 

Jean aborde l’Esprit divin en préparation de ce qu’il va exposer par la suite : le moyen de distinguer l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’antéchrist, et ce que produit l’Esprit divin sur les gens.

« Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. » (1 Jean 4 : 1). À une époque où les croyances sont confuses, il est important de savoir comment discerner la vérité de l’erreur. Jean explique que, vis-à-vis de Christ, l’une des méthodes consiste à déterminer si une personne accepte que Jésus est venu de Dieu et a vécu tel un être humain : « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui se déclare publiquement pour Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne se déclare pas publiquement pour Jésus n’est pas de Dieu » (versets 2‑3a). Si quelqu’un nie le fait que Christ se soit incarné sur terre, alors « c’est celui [l’esprit] de l’Antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde » (verset 3b).

Jean appuie ensuite sur le fait que l’Église connaît la vérité et que, de son côté, le monde a la sienne : « Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur. » (versets 4‑6).

Jean commence la partie suivante avec l’idée que, comme Dieu aime ses enfants, ceux-ci devraient s’aimer mutuellement. L’une des raisons pour lesquelles Jean a été surnommé l’apôtre de l’amour est qu’il a beaucoup écrit à ce sujet. Pourtant, Christ l’avait d’abord appelé « fils du tonnerre », tout comme son frère. Sa vie nous montre combien l’Esprit de Dieu, lorsqu’il est à l’œuvre chez quelqu’un, peut façonner et changer cette personne avec le temps, si celle-ci l’y autorise. Jean est devenu l’apôtre de l’amour : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » (versets 7‑8).

« Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » 

1 Jean 4 : 8 

L’amour divin pour l’humanité a été mis en évidence dans la volonté de Dieu d’envoyer son Fils unique expier les péchés des hommes en sacrifiant sa vie à notre place. Si Dieu peut montrer un tel degré d’amour, ne devrions-nous pas nous aimer les uns les autres dans cette vie ? (versets 9‑11).

Jean explique que, même si personne n’a vu Dieu, celui-ci se manifeste dans l’amour qui se perfectionne sans cesse au sein de son peuple. C’est un produit dérivé de l’œuvre de son Esprit. En outre, Jean savait que sa confiance en Jésus-Christ reposait sur son expérience personnelle de témoin oculaire : « Et nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde. Celui qui déclarera publiquement que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. » (versets 12‑15).

Revenant au thème de l’amour, il aborde le lien entre l’amour et Dieu, ainsi que la bénédiction d’avoir une conscience libérée de toute culpabilité ou crainte : « Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Tel il est, tels nous sommes aussi dans ce monde : c’est en cela que l’amour est parfait en nous, afin que nous ayons de l’assurance au jour du jugement. » (versets 16‑17). Jésus demeure inébranlable dans son amour du Père, de même que les fidèles. Ces derniers devraient donc se montrer confiants tandis qu’ils vivent dans ce monde. C’est pour cette raison qu’il ne faut pas avoir peur, puisque « l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. » Jean écrit ensuite : « Pour nous, nous l’aimons, parce qu’il nous a aimés le premier. » (versets 18‑19).

Il poursuit en faisant remarquer qu’il est hypocrite de prétendre aimer Dieu tout en haïssant son prochain : « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? Et nous avons de lui ce commandement : Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. » (versets 20‑21).

En définissant l’amour divin, l’apôtre le relie, d’une part, à la conviction que Christ est le fils de Dieu et, d’autre part, au respect des commandements : « Quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu, et quiconque aime celui qui l’a engendré aime aussi celui qui est né de lui. Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jean 5 : 1‑3). Bien que Jean soit connu pour être l’apôtre de l’amour, il ne va pas à l’encontre de la loi. En fait, il définit l’amour sous l’angle du respect des commandements.

Il précise ensuite que, pour surmonter les difficultés d’une existence dans ce monde isolé de son Créateur, le peuple de Dieu dispose de moyens uniques : les commandements de Dieu, le Fils de Dieu et la foi en Dieu (versets 4‑5).

HUMAIN QUOIQUE NÉ DE DIEU 

Jean reprend ensuite comme thème le fait que Christ soit venu dans le monde et soit mort en tant qu’être humain et en tant que Fils de Dieu, contrairement à ce qu’enseignaient les gnostiques. Il écrit : « C’est lui, Jésus-Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité. » (verset 6).

Il faut préciser ici que la discussion ne porte pas sur la Trinité. Ce sujet ne fait pas partie de la réflexion de Jean, ni bien sûr de celle du Nouveau Testament. Notez la traduction suivante : « Car il y en a trois qui rendent témoignage : l’Esprit, l’eau et le sang, et les trois sont d’accord. » versets 7‑8). Autrement dit, l’identité de Jésus, à la fois un être humain et le Fils de Dieu, est attestée par le Saint-Esprit, d’où l’accord sur ce point. Il s’agit d’un savoir spirituel, non pas de notions humaines. C’est pourquoi Jean ajoute, compte tenu de la doctrine gnostique : « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand ; […] celui qui ne croit pas Dieu le fait menteur, puisqu’il ne croit pas au témoignage que Dieu a rendu à son Fils. Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. » (versets 9‑12). Les non-croyants n’ont pas la possibilité d’accéder à la vie éternelle à moins qu’à un moment donné, ils arrivent à croire.

Pour résumer ces explications, Dieu est celui qui a témoigné que Jésus était son fils qui est mort, et l’Esprit divin nous en persuade si nous somme prêts à écouter Dieu plutôt que les hommes. Notre vie éternelle dépend de notre acceptation que Christ a été mis à mort pour nous et qu’il est ressuscité par Dieu.

Jean conclut ainsi : « Je vous ai écrit ces choses [le contenu des lettres], afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu. » (verset 13). Cette synthèse de son intention fait écho à l’un de ses commentaires dans l’Évangile : « Mais ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant vous ayez la vie en son nom. » (Jean 20 : 31).

Ceux qui ont un lien avec le Père seront en mesure de lui demander de l’aide de plusieurs façons. Le croyant a l’avantage de savoir que Dieu entend les prières et qu’il répondra, même si celles-ci sont destinées à d’autres frères et sœurs qui peuvent se repentir de leurs péchés et, en conséquence, être pardonnés : « Si quelqu’un voit son frère commettre un péché qui ne mène point à la mort, qu’il prie, et Dieu donnera la vie à ce frère, il la donnera à ceux qui commettent un péché qui ne mène point à la mort. » (versets 14‑16a). Jean ne veut pas dire que Dieu peut pardonner tous les péchés. C’est ce qu’il explique ensuite : il y a ceux qui ne veulent pas se repentir, donc le pardon ne s’étendra pas sur eux. C’est ce qu’on appelle un péché impardonnable : « Il y a un péché qui mène à la mort ; ce n’est pas pour ce péché-là que je dis de prier. » (verset 16b). Tout en définissant le péché et en montrant néanmoins que le pardon est possible pour ceux qui ont la volonté de se repentir et de changer, Jean précise : « Toute iniquité est un péché, et il y a tel péché qui ne mène pas à la mort. » (verset 17).

Jean termine sa première lettre par trois affirmations qu’il est important de connaître. Les gnostiques ont prétendu avoir accès à un secret et à un savoir supérieur. L’apôtre, lui, a montré que leur connaissance est à la fois d’un niveau inférieur et dans le faux. En revanche, « [n]ous savons que quiconque est né de Dieu ne pratique pas le péché ; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas. Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable, et la vie éternelle. » (versets 18‑20).

Pour finir, Jean écrit ce qui pourrait sembler curieux comme dernière idée : « Petits enfants, gardez-vous des idoles. » (verset 21). Les idoles représentent de faux dieux et l’idolâtrie est un péché, car il évince le véritable Dieu. En conséquence, cette formulation synthétise ce que les partisans de Christ (les « petits enfants ») doivent faire tout au long de leur vie.

LES LETTRES SUIVANTES 

Les deux autres épîtres, plus courtes, portent sur certains thèmes déjà traités dans la première, mais de manière plus spécifique. Chacune est écrite par « l’ancien », que l’on présume être Jean. Dans le deuxième lettre, les faux docteurs sont en route pour rendre visite à une congrégation particulière, et Jean avertit de leur venue en conseillant sur la conduite à tenir lorsqu’ils arriveront. Dans la troisième lettre, il aborde un incident qui s’est produit au sein de l’Église vers la fin du premier siècle. Les deux épîtres montrent le genre de comportement auquel les faux prêcheurs ont soumis les partisans de Jésus.

Jean continue son propos sur l’amour fraternel et sur les commandements de Dieu. Personnifiant l’Église concernée par une femme, il dit : « Et maintenant, ce que je te demande, Kyria [nom grec qui peut se traduire par « dame »]– non comme te prescrivant un commandement nouveau, mais celui que nous avons eu dès le commencement – c’est que nous nous aimions les uns les autres. Et l’amour consiste à marcher selon ses commandements. C’est là le commandement dans lequel vous devez marcher, comme vous l’avez appris dès le commencement. » (2 Jean 5‑6).

Les antéchrists gnostiques sont présents partout et ne devraient pas être accueillis dans le peuple de Dieu qui « demeure » en Christ : « Car plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, et ne déclarent pas publiquement que Jésus-Christ est venu en chair. […] Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense. […] Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres. » (versets 7‑11).

« Prenez garde à vous-mêmes, afin que vous ne perdiez pas le fruit de votre travail, mais que vous receviez une pleine récompense. »

2 Jean 8

Jean conclut sa deuxième lettre en indiquant qu’il espère aller voir personnellement cette congrégation.

La troisième épître concerne une difficulté propre à une Église fondée grâce aux efforts de Jean. En l’absence de l’apôtre, un chef local s’est mis à traiter la population avec arrogance et à devenir offensant pour les croyants et les visiteurs. Jean écrit à ceux qui restent fidèles pour les encourager à agir avec justice et discernement à l’égard de cet homme qui a été jusqu’à bannir des personnes de l’Église et à s’opposer à Jean lui-même. Ce dernier explique parfaitement ce qui va se passer s’il vient chez eux en personne : « je rappellerai les actes qu’il commet, en tenant contre nous de méchants propos ». Les croyants sont invités à faire ce qui est juste : « Bien-aimé, n’imite pas le mal, mais le bien. Celui qui pratique le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n’a point vu Dieu. » (versets 9‑11).

Jean termine, comme précédemment, par l’espoir de les voir, au lieu de communiquer uniquement par l’encre et la plume.

L’HOMME NOUVEAU 

Alors que nous parvenons à la fin de ces trois lettres, nous voyons un Jean très différent de celui que Jésus avait appelé un « fils du tonnerre ». Son existence au service de Dieu lui a apporté une envergure spirituelle et une profondeur manifeste. Il est désormais le dernier grand défendeur apostolique de la foi, et le livre de l’Apocalypse ne va pas tarder à lui être révélé pendant qu’il sera emprisonné sur l’île de Patmos à cause de ses convictions. Jean servira d’intermédiaire pour transmettre la vision apocalyptique qui deviendra la pièce finale du Nouveau Testament.