Jean : Des messages essentiels

Dans l’épisode précédent, nous nous sommes intéressés au début du livre de l’Apocalypse et aux messages que Jean a reçu pour mission d’écrire à sept congrégations particulières qui existaient dans la province romaine d’Asie à la fin du premier siècle. À Éphèse, à Smyrne, et à Pergame, les partisans de Christ étaient confrontés à des problèmes spécifiques et à l’évolution de la société. Ils reçoivent des indications sur la façon de surmonter leurs défaillances et de progresser au plan spirituel. Collectivement, les sept Églises symbolisent l’Église à travers le temps. C’est pourquoi les messages qui leur ont été adressés apportent un enseignement essentiel permanent. Les quatre congrégations restantes sont Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée.

THYATIRE : L’IMMORALITÉ TOLÉRÉE 

Le message que Jésus-Christ envoie à Thyatire était, là aussi, particulier aux préoccupations de ses adeptes dans cette ville. La légende raconte que Thyatire, située dans les terres à environ 55 ou 60 kilomètres de Pergame, a été fondée à l’origine pour être un lieu central d’adoration du dieu soleil Apollon Tyrimnos. Elle a appartenu aux Macédoniens, aux Séleucides et Pergamiens avant que la cité et ses possessions soient offertes à Rome en 133 av. J.‑C.

Aujourd’hui, on ne peut voir de la cité antique que quelques ruines éparses dans le centre de la ville actuelle d’Akhisar. Néanmoins, d’après les inscriptions découvertes, il s’agissait d’une riche cité où plusieurs confréries professionnelles étaient sous le patronage de diverses divinités païennes. Les confréries étaient donc beaucoup plus religieuses dans leur pratique qu’on pourrait le supposer. Leurs célébrations se déroulaient dans les temples païens locaux. L’ouvrage de référence World Biblical Commentary indique que les membres des associations étaient « drapiers, boulangers, tanneurs, potiers, liniers, lainiers, marchands d’esclaves, cordonniers, teinturiers et chaudronniers ».

La confrérie des teinturiers était particulièrement prospère. Les partisans de Jésus comptaient une femme originaire de Thyatire qui s’appelait Lydie. Elle était marchande de teinture ou de toile pourpre et avait été associée au ministère de Paul à Philippes (Actes 16 : 14‑15).

Les ouvriers en airain constituaient une autre confrérie. Cela explique peut-être l’allusion dans la lettre que Jean écrivait « à l’ange de l’Église de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent » (Apocalypse 2 : 18, Nouvelle Édition de Genève 1979 pour cet article). Christ est désigné par le titre de « Fils de Dieu » – la seule fois dans l’Apocalypse. Cette formulation a donc un sens particulier et a pu être utilisée pour le mettre en relief, alors que cette ville pratiquait intensément le culte impérial et considérait l’empereur comme un fils de dieu et le dieu soleil incarné. Le Fils de Dieu, lui, brillait encore davantage que le dieu soleil local et le patron de la confrérie.

Malgré un contexte difficile pour l’Église de Thyatire, elle a reçu l’éloge de Christ pour « tes œuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières œuvres plus nombreuses que les premières » (verset 19). Toutefois, comme d’autres Églises de la province d’Asie, elle a été réprimandée sur certains points : « Mais ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à l'impudicité et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles » (verset 20). Les membres de l’Église avaient été convaincus de suivre quelques-unes des pratiques de la société païenne où ils vivaient, notamment en prêtant attention à un faux enseignement gnostique et en s’accordant une certaine permissivité sur le plan sexuel. Ils étaient apparemment rongés par une dérive particulière en lien avec, à la fois, des actes sexuels dans le temple et les offrandes de nourriture aux idoles. Que ce soit au sens littéral ou imagé, cet attrait se rapportait à une femme nommée Jézabel, qui était peut-être à la tête d’une confrérie et qui, sans nul doute, était assimilée à l’infâme reine idolâtre de l’ancien Israël (1 Rois 18‑21 ; 2 Rois 9).

Le message à l’Église de Thyatire est claire et il montre que, dans certains cas, Christ parle très directement : « Je lui ai donné [à Jézabel] du temps, afin qu'elle se repente, et elle ne veut pas se repentir de sa débauche. Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs œuvres. Je frapperai de mort ses enfants ; et toutes les Églises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je vous rendrai à chacun de vous selon vos œuvres. » (Apocalypse 2 : 21‑23). Ce passage est d’une grande intensité. Jésus-Christ se préoccupe des cœurs et des esprits, des habitudes personnelles et publiques. En même temps, il reste équitable, juste et miséricordieux. Il veut simplement constater le repentir et un changement de comportement.

À Thyatire, certains n’étaient pas concernés par son jugement. Ils ne s’étaient pas compromis, et le passage qui les concerne met en lumière un autre problème potentiel : « À vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis : Je ne mets pas sur vous d'autre fardeau ; seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne. » (versets 24‑25). L’expression « les profondeurs de Satan » fait probablement référence à la notion gnostique que, pour qu’une personne triomphe de Satan, elle doit descendre au plus profond du mal. Les gnostiques croyaient que, comme le corps était fait de matière, il était donc mauvais. De ce fait, enfreindre les lois spirituelles n’avait aucune conséquence. Cela a conduit à prendre beaucoup de libertés et à une mentalité du « tout est permis », un peu comme dans notre société actuelle.

« Ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne. À celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. » 

Apocalypse 2 : 25 26

Le message à l’Église de Thyatire se termine par la promesse habituelle d’une vie éternelle recherchée résolument : « À celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père. Et je lui donnerai l'étoile du matin. Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! »

La forme de compromission était ici la permissivité dans la vie personnelle, certains membres de l’Église essayant de mêler habitudes de la société et vénération de Dieu.

SARDES : COMME MORTS 

Située à environ 65 kilomètre au sud-est de Thyatire, Sardes était une cité antique opulente et commerciale, capitale du royaume de Lydie où avait habité le légendaire roi Crésus. Sa richesse provenait de sa rivière aurifère Pactole et de ses textiles. La première frappe de monnaie, dans un alliage d’or et d’argent, a eu lieu à Sardes. Carrefour de plusieurs routes commerciales, elle était aussi l’aboutissement de la « Route royale » qui la reliait à Suse au Ve siècle av. J. C. Elle fut dominée successivement par les Perses, les Grecs, les Seuleucides, les Pergamiens et les Romains. On peut encore voir des vestiges du temple ionique d’Artemis datant de l’époque Séleucide, de même que les ruines de l’acropole de Crésus. La cité ayant été en grande partie détruite par un séisme en l’an 17, elle fut reconstruite avec l’aide des empereurs Tibère et Claudius.

La population de Sardes, estimée entre 60 000 et 100 000 habitants, comptait une importante communauté juive aux débuts de l’Église. La ville est citée dans les Écritures hébraïques sous l’appellation de Sepharad (voir Abdias 20). Elle a pu devenir une destination pour les juifs émigrés au fil des siècles qui ont suivi la chute de Jérusalem en 586 av. J.‑C. L’historien du premier siècle, Josèphe, nous dit qu’il y avait suffisamment de juifs aisés à cette époque pour que Jérusalem reçoive une taxe du temple. Elle aurait donc été un lieu idéal pour l’enracinement d’un enseignement apostolique. Comme nous l’avons déjà vu, Paul essayait habituellement de s’adresser à ceux qui se rendaient à la synagogue puisqu’ils connaissaient les bases des Écritures.

« Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir. » 

Apocalypse 3 : 1-2

Le message de Christ à l’Église de Sardes débute ainsi : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. » (Apocalypse 3 : 1). Il y avait donc un groupe de croyants dont on pouvait penser qu’ils étaient vivants et vigoureux et, pourtant, selon les critères divins, ils étaient comme morts. Là encore, la leçon est claire : les partisans de Christ sont supposés manifester leur foi dans leur façon de faire, en suivant avec constance un mode de vie. Il faut davantage qu’une démonstration de droiture. Les véritables adeptes doivent exprimer leur foi par leurs actes, à la fois à l’égard de Dieu et à l’égard de leurs semblables.

Le message adressé à l’Église est aussi d’une grande intensité : « Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir ; car je n'ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu. Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu la parole, garde-la et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai te surprendre » (versets 2‑3).

Certains, comme dans toute congrégation, respectaient leur croyance, bien sûr. Et Christ ne les a pas oubliés. Celui dont les yeux étaient comme une flamme de feu pouvait reconnaître ses fidèles serviteurs : « Cependant, tu as à Sardes quelques hommes qui n’ont pas souillé leurs vêtements ; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu’ils en sont dignes » (verset 4).

Vient ensuite la promesse de la vie éternelle pour le disciple dynamique et engagé de Christ : « Celui qui vaincra sera ainsi revêtu de vêtements blancs ; je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises » (versets 5‑6).

À nouveau, cette lettre sans équivoque et directe contient une forte réprimande. Les membres de l’Église de Sardes devaient renoncer à leur léthargie spirituelle – leur forme spécifique de compromission. Toutefois, ces lignes étaient aussi un encouragement pour la congrégation. En effet, Christ leur rappelait l’avenir incroyable qui les attendait. Mais il fallait pour cela qu’ils apportent leur contribution.

PHILADELPHIE : UN ENGAGEMENT FIDÈLE 

Philadelphie était une communauté viticole renommée au plan commercial, située à environ 45 kilomètres au sud-est de Sardes, au pied du haut plateau central d’Asie. Son nom signifie « amour fraternel », peut-être à cause d’Attalus II de Pergame, dont la loyauté fraternelle lui valut l’épithète « Philadelphe » et qui dédia la cité à son frère, le roi Eumène, au milieu du deuxième siècle av. J.‑C. Une autre explication suggère que l’Égyptien Ptolémée Philadelphe fonda la cité après avoir pris possession de territoires en Asie Mineure au cours du siècle précédent. Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les Romains accordèrent à la ville une exonération fiscale et l’aidèrent lorsqu’elle fut dévastée par le tremblement de terre de l’an 17. En remerciement, la mention « Néocésarée » fut accolée au nom de la ville. Plus tard, à l’époque de Jean, elle devint « Philadelphia Flavia » en l’honneur de l’empereur Vespasien (69‑79) de la dynastie des Flaviens.

À l’intention de l’Église de Philadelphie, Christ a chargé Jean d’écrire ceci : « Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clé de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n’ouvrira : Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer » (versets 7‑8).

Ceci indique que, lorsque Jésus-Christ prend une décision, celle-ci a une autorité, une irrévocabilité, et aucun homme ne peut interférer. Dans cette congrégation, la visibilité de l’intensité spirituelle était insuffisante. Pourtant, ses membres étaient humbles et respectaient fidèlement le mode de vie de Christ. Néanmoins, eux aussi étaient confrontés à des difficultés. La ville comptait, semble-t-il, un groupe de juifs qui prétendaient être religieux alors que ce n’était pas le cas. Ils persécutaient les partisans de Christ : « Voici, je te donne quelques-uns de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent ; voici, je les ferai venir se prosterner à tes pieds, et reconnaître que je t’ai aimé. Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l’heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. » (versets 9‑10).

Les Philadelphiens allaient finir par triompher de leurs persécuteurs. C’est une promesse qui s’applique aux croyances de tous les temps. Elle nous garantit l’implication divine dans notre sécurité, tant physique que spirituelle, en toutes circonstances. Ce qui est annoncé ici, c’est qu’une époque de grande difficulté sera épargnée aux fidèles. Le véritable partisan, celui qui reste loyal et vient à bout des problèmes personnels de la vie, recevra l’aide de Dieu dans l’épreuve. Un croyant convaincu vit chaque jour comme si c’était le dernier. C’est l’un des sens à donner aux dernières réflexions adressées aux Philadelphiens : à la fin, ils remporteront la vie éternelle. « Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus ; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises. » (versets 17‑13).

Les partisans de Christ à Philadelphie satisfaisaient Dieu par leur patience, leur humilité et leur volonté d’obéir. Ils ont donc reçu la promesse d’un lien encore plus étroit avec Dieu dans son monde nouveau. Ils ont été encouragés à ne pas faire de compromis malgré la persécution religieuse.

LAODICÉE : NI CHAUDS NI FROIDS 

Située à 65 kilomètres au sud-est de Philadelphie et à 160 kilomètres à l’est d’Éphèse, Laodicée était réputée pour la superbe laine noire qui y était fabriquée, pour ses services bancaires et pour son art en matière de médecine. Du fait de l’activité volcanique et sismique de la région, un centre thermal romain avait été installé à Hiérapolis, toute proche, avec des thermes alimentés par des sources chaudes. Quant à la cité voisine de Colosses, elle jouissait de sources d’eau froide. Une trentaine d’années plus tôt, l’apôtre Paul avait servi des congrégations dans les trois cités. Au moment où Jean rédigeait le livre de l’Apocalypse, Laodicée était l’Église à laquelle était réservée la plus forte réprimande. À Laodicée, l’alimentation en eau était tiède, semble-t-il. Les sept lettres arrivent à un point culminant, avec un avertissement terrifiant destiné aux chrétiens compromis qui, sur le plan spirituel, n’étaient ni chauds ni froids.

Jean devait écrire à l’Église de Laodicée : « Voici ce que dit l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le principe de la création de Dieu : Je connais tes œuvres. Je sais que tu n’es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » (versets 14‑16). La tiédeur symbolise la compromission liée à l’orgueil de l’esprit ou à l’arrogance. Or, à l’évidence, ce n’est pas un trait que Jésus-Christ souhaite voir chez ses partisans.

« Tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, […] tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » 

Apocalypse 3 : 17

Laodicée était également une cité prospère, en partie parce qu’elle se trouvait à la jonction de routes commerciales de l’antiquité. Cependant, la richesse causait des problèmes aux habitants : « Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, […] tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (verset 17). L’arrogance de Laodicée a masqué une pauvreté spirituelle profonde. Il existait pourtant un antidote : « je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies » (verset 18).

Les matériaux mentionnés ici devaient être bien connus de tout Laodicéen. L’or était un produit courant. En revanche, le trésor spirituel – un engagement intransigeant à l’égard de Christ éprouvé dans des circonstances difficiles – aurait été difficile à trouver chez les partisans laxistes de Laodicée. Christ recommande que les Laodicéens mettent des vêtements blancs (symbole de la vertu), par opposition à leur tissage réputé de laine noire, ce qui leur rappelle leur nudité spirituelle.

Pour finir, Christ préconise un traitement des yeux par onction, de sorte que les Laodicéens puissent voir sur le plan de l’esprit. On pense que la ville fabriquait un baume oculaire, mais l’Église de Laodicée avait besoin de la guérison de sa vision spirituelle, bien plus que de tout remède physique. Christ exprime son amour et son attention en ces termes : « Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi. Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi » (versets 19‑20).

Le message est clair : l’autosuffisance spirituelle a besoin d’être redressée. Les fidèles vont répondre à ce conseil et ce changement, et Jésus-Christ est toujours prêt à aider. La lettre adressée à l’Église de Laodicée se termine par une invitation extraordinaire et la promesse d’une vie infinie « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône » (verset 21).

SEPT MESSAGES, UN THÈME 

Ce que Jean a établi dans la première partie de l’Apocalypse est le préambule de toute la suite. Les messages transmis aux sept Églises – et à l’Église à travers le temps – portent sur la résistance aux diverses pressions à la compromission dans un monde qui n’est pas celui de Dieu, et ne le sera pas jusqu’à ce que se produise tout ce qui est décrit dans la longue suite du livre. Plusieurs défaillances peuvent amener la compromission : la négligence individuelle (Éphèse), l’allégeance à l’égard des hommes placée au-dessus de la loyauté à Dieu (Smyrne), l’immoralité sexuelle et l’idolâtrie (Pergame), la permissivité (Thyatire), la léthargie spirituelle (Sardes), la persécution religieuse (Philadelphie) ou l’autosuffisance (Laodicée).

Certaines conditions humaines sont intemporelles. À toute époque, les croyants ont besoin de l’aide divine pour éviter de se compromettre de l’une des manières citées, tout autant que ceux du premier siècle en Asie. Le message global est évident : quelle que soit la forme de compromission, elle est mauvaise et inacceptable pour Jésus-Christ et ne permettra pas au disciple de tenir dans les épreuves.

Le récit que fait Jean de ce qu’il a vu et de ce qu’il a été enjoint d’écrire se transforme ici en une perspective complète sur l’histoire humaine qui doit se dérouler une fois que l’ère actuelle sera parvenue à son apogée. Même s’il est impossible de connaître précisément le moment où prendra fin cette ère d’autogouvernement des hommes, ni celui où Jésus-Christ reviendra, l’Apocalypse dévoile le genre de monde qui précédera sa venue. Ce livre nous enseigne aussi que ceux qui ont des oreilles entendront ; ils sauront comment s’éloigner de la voie des hommes – caractérisée par le « gouvernement de César – et comment anticiper, par leur mode de vie, le règne prochain de Dieu et de son Fils.

Le prochain épisode verra le point culminant du livre de l’Apocalypse.