Une seconde genèse

Remaking Eden

Lee M. Silver. 1999. Phoenix Press, London. 391 pages.

The Biotech Century

Jeremy Rifkin. 1998. Victor Gollancz, London. 282 pages.

Genome: The Autobiography of a Species in 23 Chapters

Matt Ridley. 1999. Fourth Estate, London. 352 pages.

Il faut parfois se pincer pour s’assurer que l’on ne vit pas dans un monde de science-fiction. C’est parce que la science-fiction, comme nous l’avons connue, semble être devenue la science des faits, du moins dans le domaine de la génétique. Ce domaine scientifique en plein essor est en train de produire la plus grande révolution dans l’histoire de l’humanité.

Pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle annonce soit faite dans les médias concernant les progrès remarquables effectués en génétique. Par exemple, à l’heure où j’écris, six veaux ont été clonés avec des cellules qui ont apparemment inversé le processus de vieillissement. Avec cette découverte incroyable apparaît la promesse séduisante de soigner les maladies dégénératives comme celles d’Alzheimer, de Parkinson, le diabète, ainsi que les problèmes de cœur, de foie et de rein. De telles découvertes font aussi entrevoir la perspective très attrayante d’une longévité humaine accrue, ou même du Saint-Graal de la génétique : l’immortalité.

Mais ce n’est pas tout ce que renferme cette révolution. Pendant les cinquante dernières années, l’accès à des ordinateurs de plus en plus puissants signifie que nous sommes arrivés à une époque où les scientifiques sont prêts à déchiffrer le code de base de la vie même. Il résulte de cette connaissance la capacité à manipuler toute vie, qu’elle soit microbienne, végétale, animale ou humaine. Il n’est pas exagéré de dire que ces forces sont à deux doigts de remodeler toute notre façon de vivre. Dans ce processus, elles lancent un défi aux valeurs éthiques et morales en les mettant sens dessus dessous. Tout cela représente une révolution sans précédent.

La plupart des gens aujourd’hui connaissent bien la fécondation in vitro ainsi que la maternité de substitution. Dans cette technique, les scientifiques réunissent le sperme et l’ovule humains dans un laboratoire et implantent ensuite l’embryon qui en résulte dans l’utérus d’une autre femme qui le portera jusqu’à la naissance. Ce n’est qu’un exemple de ce que la génétique est aujourd’hui capable de réaliser au quotidien. D’autres techniques aux consonances exotiques, telles que la transplantation nucléaire et la thérapie cellulaire de tige embryonnaire, deviennent réalisables ; et ces techniques peuvent être classées sous la catégorie « manipulations génétiques » ou « biotechnologie ».

Et puis il y a aussi le Human Genome Project (le projet du génome humain) — la mission sur quinze ans qui consiste à dresser la carte des 80 000 gènes humains ainsi que leurs fonctions. Cela mènera-t-il à un nouveau mouvement eugénique où la vie humaine sera « améliorée » par la manipulation génétique ? Nombreux sont ceux qui craignent que nous nous dirigions vers un futur analogue à l’œuvre cauchemardesque de Aldous Huxley Brave New World (Un nouveau monde courageux).

Pour acquérir une meilleure compréhension du sujet, nous nous pencherons sur trois livres distincts qui étudient la génétique à partir de différentes perspectives. Chaque livre est remarquable pour son ampleur, son étendue et son érudition, transmettant efficacement les détails de ce qui représente pour beaucoup un sujet intimidant. Chaque livre est un classique dans son domaine et peut être considéré comme un abécédaire essentiel à ce sujet. Dans un monde de la génétique qui évolue rapidement, le message de ces livres reste profond et troublant. En tant que tels, ils méritent bien une étude plus minutieuse.

Le futur, c’est maintenant

Dans son livre intitulé Remaking Eden (Refaire l’Éden), Lee Silver, professeur en biologie à l’université de Princeton, nous présente le nouveau monde ahurissant de la génétique moléculaire. Son but est de présenter à la fois les réalités scientifiques et politiques de ce qu’il appelle la réprogénétique — l’alliance de la génétique avec la biologie reproductrice — ainsi que les dilemmes éthiques que son utilisation soulève. À son avis, la réprogénétique changera la science-fiction en réalité, passant du clonage à la sélection d’embryon jusqu’au génie génétique et plus. Son livre, tout en poussant à la réflexion, est une analyse provocatrice sur les différentes possibilités offertes par les technologies émergentes.

À maintes reprises le message dérangeant se résume à ceci : le futur est déjà parmi nous. Silver écrit : « Quoi que toutes les histoires scientifiques sur le futur soient par définition de la science-fiction, aucun de mes futurs imaginaires n’est le fruit de la magie. Dans chaque cas, j’ai simplement supposé que nous continuerons à faire des progrès scientifiques et technologiques au-delà de ce qui peut déjà être accompli à l’heure actuelle » (Remaking Eden, p. 295).

Selon Silver, ce ne seront pas les gouvernements qui contrôleront cette technique de réprogénétique. Ce sera la puissance du marché où les individus et couples, agissant pour eux-mêmes et leurs enfants, donneront le ton. De quelle portée sont ces développements ? Silver ne doute pas que l’usage de plus en plus important de la réprogénétique est inévitable et qu’il représente l’aube d’une ère nouvelle.

En dépit de son détachement scientifique déclaré, et alors qu’il décrie la naïveté de ceux qui prédisent un quelconque futur utopique imaginaire, Silver insiste sur le fait que nous ne devrions pas exclure cette hypothèse. « Aussi improbable que cela puisse paraître aujourd’hui, il est possible qu’une vraie société utopique universelle puisse émerger un jour pour offrir des bienfaits réprogénétiques à tous les enfants. Ce serait difficile à accomplir […] Mais comme nous montrent les évènements politiques et scientifiques miraculeux de ces vingt dernières années, on ne devrait jamais dire jamais dans chacun de ces domaines » (p. 295).

Silver est un fervent défenseur de ces nouvelles technologies génétiques, et il voit lui-même — au moins dans une certaine mesure — les choses de façon utopique. Il est en grande partie peu critique vis-à-vis de ces développements — en fait, il semble y être favorable — et apparemment capable de résoudre (du moins à sa propre satisfaction ) les soucis éthiques impliqués.

« Nous serons face-à-face avec la frontière suprême en médecine et philosophie — le pouvoir de changer la nature de la race humaine. »

Lee M. Silver, Remaking Eden

Où Silver voit-il que tout ceci s’arrêtera ? « Peu importe quelle technique, ou quelles techniques sont en définitive utilisées » dit-il, « la manipulation génétique d’embryons humains est certaine de devenir réalisable, sûre et efficace vers le milieu du 21ème siècle. Lorsque ceci arrivera, nous serons face-à-face avec la frontière suprême en médecine et philosophie — le pouvoir de changer la nature de la race humaine » (p. 273, c’est nous qui mettons l’accent).

Pouvons-nous parler ?

Si Silver s’efforce d’adopter sur la révolution réprogénétique une vue scientifique plutôt détachée, Jeremy Rifkin, auteur de The Biotech Century (Le siècle de la biotechnologie), quant à lui, est d’un ton plus sceptique voire désapprobateur. Rifkin est l’auteur de nombreux livres sur les tendances économiques et les sujets relatifs à la science, la technologie et la culture. Il est le fondateur et président de la Foundation on EconomicTrends (Fondation sur les tendances économiques) basée à Washington D.C., et c’est aussi un véhément et efficace activiste faisant campagne sur ces différentes questions.

Il y a plus de vingt ans, Rifkin a cosigné un livre intitulé Who Should Play God? (Qui devrait jouer à Dieu ?). Il examinait dans ce livre les nombreux avantages et dangers de la manipulation génétique, qui était nouvelle à l’époque. Entre-temps, chaque découverte scientifique et technologique qu’il avait prédite s’est réalisée.

Même s’il partage l’émerveillement général sur ces découvertes si nombreuses et qu’il approuve leur valeur et impact potentiel, Rifkin est néanmoins soucieux des dangers de cette révolution génétique. Il observe que deux révolutions précédentes — en physique et en chimie lors du 19ème et 20ème siècle — ont apporté autant d’énormes bienfaits que de problèmes notoires. Il trouve difficile de croire que la révolution biotechnologique (qui est encore plus importante) n’aura pas non plus de graves conséquences.

L’analyse éclairée de Rifkin sur le nouveau monde de la biotechnologie est un appel passionné à bien débattre de ces nouvelles technologies avant que leur adoption ne devienne inévitable. « La révolution biotechnologique affectera chaque aspect de notre vie », dit-il. « La façon dont nous mangeons, dont nous fréquentons et nous nous marions ; la façon dont nous avons nos bébés, la manière dont nous élevons et éduquons nos enfants ; comment nous travaillons ; la manière dont nous nous engageons en politique ; la façon dont nous exprimons notre foi, comment nous percevons le monde autour de nous et notre place dans celui-ci — toutes nos réalités individuelles et collectives seront profondément affectées par les nouvelles technologies du siècle biotechnologique. Assurément, ces technologies très personnelles méritent qu’elles soient longuement débattues par un large public avant qu’elles ne deviennent parties intégrantes de nos vies quotidiennes » (Biotech Century, p. 237).

L’analyse éclairée de Rifkin sur le nouveau monde de la biotechnologie est un appel passionné à bien débattre de ces nouvelles technologies avant que leur adoption ne devienne inévitable.

Le livre The Biotech Century — à lire absolument — est un chef d’œuvre sur les différentes façons par lesquelles la biotechnologie affectera tous ces aspects de nos vies. La vision et l’ampleur du livre de Rifkin sont bien plus larges que l’œuvre de Lee Silver, ce qui souligne les différentes formations et priorités des deux hommes.

La thèse de Rifkin est que la révolution génétique représente une nouvelle force technologique et économique qui va refaçonner complètement notre monde. Il croit que nous ne devrions pas être contre toute science ou technologie, mais que nous devrions plutôt prendre en considération quel genre de science et technologie nous souhaitons voir se développer. Il préfèrerait voir que l’accent soit mis sur de meilleures pratiques écologiques et préventives dans le domaine de la santé, plutôt que de voir une biotechnologie sans expérience motivée par les gains financiers.

Il affirme aussi que « la révolution biotechnologique affectera chacun d’entre nous plus directement, violemment et intimement que n’importe quelle autre révolution technologique préalable. Pour cette seule raison, chaque être humain a un intérêt direct et immédiat dans la direction que prendra la biotechnologie dans le siècle à venir […] Avec les nouvelles technologies envahissant les marchés ainsi que nos vies, le moment est arrivé d’avoir un débat beaucoup plus large sur les bienfaits et les risques de la nouvelle science, un débat qui s’élargisse au-delà des professionnels et « experts » des deux camps et qui englobe toute la société […] La révolution biotechnologique soulève des questions fondamentales sur la nature de la science, les formes de nouvelles technologies que nous faisons entrer sur le marché, et le rôle du commerce dans les aspects intimes de la biologie » (p. 235-236).

Tout dans les gènes ?

Le troisième livre que nous allons examiner contraste fortement avec les autres. Ces dernières années, la révolution génétique a été alimentée par un domaine particulier sur lequel a été mis l’accent : le Human Genome Project (le projet du génome humain). Lancé en 1988, l’objectif de ce projet est d’identifier et de caractériser tous les 80 000 gènes humains qui définissent notre existence. Le livre de Matt Ridley intitulé Genome ne nous parle pas directement du Genome Project mais concentre notre attention sur ce que le projet a trouvé. Matt Ridley possède un doctorat en zoologie de l’université d’Oxford et est un journaliste scientifique respecté à The Economist et au DailyTelegraph de Londres.

L’idée du livre de Ridley consiste à « raconter le déroulement de l’histoire du génome humain […] chromosome par chromosome, et ce en choisissant un gène de chaque chromosome qui se marie bien avec la narration de l’histoire » (Genome, p. 3-4). Il a choisi un thème particulier de la nature pour chaque chromosome (et chapitre) afin que ce thème soit plus ou moins assorti au gène sur lequel il veut parler. Des thèmes comme la vie, l’environnement, l’intelligence, l’instinct, la mémoire, l’eugénique, le libre arbitre y sont traités, ce qui permet à Ridley de parler du rôle que nos gènes jouent sur tels ou tels aspects de la vie. Il en résulte une étude fascinante et lucide sur l’importance de nos gènes, ou bien, selon les mots de Ridley, « un tour rapide des sites les plus intéressants dans le génome et ce qu’ils nous apprennent sur nous-mêmes ».

Une fois que les scientifiques auront identifié ce pour quoi chaque gène est responsable et comment il fonctionne, alors la manipulation de ces gènes pour éradiquer la maladie et sélectionner les caractéristiques souhaitées dans notre progéniture deviendra réellement possible.

L’étendue et les implications du Humane Genome Project sont vraiment immenses. Le génome humain peut être considéré comme un énorme livre — l’autobiographie de nos espèces — constitué par des milliards de mots de trois lettres composés à partir des quatre lettres de l’alphabet de l’ADN. 90 % des mots n’ont pas de signification ; donc localiser où se trouvent les mots qui ont une signification et les déchiffrer représente une tâche d’une complexité très fastidieuse. Une fois que les scientifiques auront identifié ce pour quoi chaque gène est responsable et comment il fonctionne, alors la manipulation de ces gènes pour éradiquer la maladie et sélectionner les caractéristiques souhaitées dans notre progéniture deviendra réellement possible. Un premier rapport sur l’étude du génome humain devrait être publiée à l’heure où nous mettons Vision sous presse, avec l’achèvement de la phase actuelle du projet programmée pour 2003.

Le livre commence par un abécédaire afin de faciliter la compréhension du lecteur sur l’impressionnant vocabulaire et les concepts de la génétique. Ridley réalise là — et à travers tout le livre — un travail louable à rendre clair et compréhensible un sujet compliqué. Quelle proportion dans les êtres humains est déterminée par les gènes est peut-être le fait le plus important qui en ressort. Le débat « nature ou environnement » — l’effet relatif de nos gènes contre celui de l’environnement — a fait rage pendant une grande partie du siècle dernier. Il ne sera donc pas surprenant que les scientifiques, grâce à toutes les recherches sur le génome humain, reconnaissent plus que jamais l’importance du rôle que nos gènes jouent sur l’agencement de notre constitution.

Pourtant, alors qu’il présente l’évidence de l’influence de nos différents gènes dans des domaines comme la maladie, l’intelligence, l’apprentissage, les différences de comportement entre hommes et femmes, la grammaire, la personnalité, la longévité, la différentiation cellulaire et l’attitude générale, Ridley montre aussi que les choses ne sont pas aussi simples : « Le cerveau, le corps et le génome sont enfermés tous les trois dans une danse. Le génome est sous le contrôle du cerveau et du corps tout comme le cerveau et le corps sont sous le contrôle du génome. C’est en partie pourquoi le déterminisme génétique n’est qu’un mythe. Le fait d’activer ou de désactiver les gènes humains peut être influencé par des actes externes conscients ou inconscients » (p. 48).

Les gènes interagissent avec les facteurs environnementaux pour créer le caractère unique de chaque individu. Ridley affirme que « ceci est la réalité des gènes et des environnements : un dédale d’interactions compliquées entre eux, pas un déterminisme unidirectionnel. Le comportement social n’est pas une série externe d’évènements qui prennent nos esprits et nos corps par surprise. C’est une partie intime de notre constitution, et nos gènes sont programmés non seulement pour produire un comportement social, mais aussi pour répondre à ce comportement » (p.172).

La découverte formidable sur les gènes est qu’ils constituent le langage commun de toute vie, que ce soit celle des animaux, végétaux, insectes ou humains. Ils sont comme des morceaux de logiciels informatiques qui peuvent fonctionner sur différents systèmes. Ce fait incroyable est ce qui permet aux scientifiques de « couper et coller » certains gènes d’une forme de vie dans une autre avec une facilité qui ne cesse d’accroître.

Quelle importance a cette recherche génétique ? Ridley soutient que le fait de pouvoir lire le génome humain nous en dira plus sur nous-mêmes que tous les efforts scientifiques réalisés jusqu’à présent. « Cela révolutionnera l’anthropologie, la psychologie, la médecine, la paléontologie et virtuellement toute autre science », affirme-t-il. « Dans quelques années, nous serons passés du stade de ne presque rien connaître sur les gènes au stade où nous connaîtrons tout. Je crois sincèrement que nous vivons dans le plus grand mouvement intellectuel de l’histoire. Sans exception » (p.5).

La crainte de l’inconnu

Mais alors que cette corne d’abondance de cadeaux génétiques s’ouvre à nous, une foule de questions et de craintes émergent.

Certains affirment — à juste titre — que les scientifiques sont en train de jouer à Dieu, manipulant les gènes de différentes espèces d’une façon que le Créateur n’a jamais voulue. Nous jouons dans le noir en ayant aucune idée des conséquences possibles de nos actes : il se pourrait que la catastrophe ne soit pas loin. Certains demandent comment il est possible que les compagnies de biotechnologie puissent faire breveter des aspects de la vie elle-même, spécialement quand ils ne furent pas responsables de l’avoir créée en premier lieu. Certains craignent la montée d’un nouveau mouvement eugénique qui serait cette fois arbitré non par la contrainte des gouvernements mais par des individus buvant librement dans la séduisante calice des possibilités génétiques.

D’autres craignent qu’une « pollution génétique » soit déclenchée et qu’elle ait des conséquences imprévisibles mais potentiellement fatales. D’autres encore redoutent que les agents (manipulés génétiquement) d’armes biologiques deviennent aussi puissants dans le 21ème siècle que l’ont été les armes nucléaires dans le 20ème — tout en étant bien moins chers à produire et à déployer.

Mais pour beaucoup, ces progrès promettent une avancée sans précédent dans toute l’existence humaine. Qu’aurait-il de mauvais à fournir des remèdes à des maladies auparavant incurables ? Et à donner aux gens la possibilité de vivre plus longtemps et en meilleure santé ? Qui s’opposerait à améliorer les rendements agricoles afin de nourrir les populations en pleine croissance et de diminuer la menace constante de la famine ? Il semble que la grande majorité des premières craintes associées aux développements génétiques disparaissent alors que les scientifiques augmentent de plus en plus leur savoir en la matière.

On peut cependant se demander où est Dieu dans toute cette discussion. Silver affirme que la réprogénétique est en train de « refaire l’Éden », pourtant, il ne donne pas d’analyse réelle sur l’impact du nouvel Éden sur le plan de Dieu pour l’humanité comme il fut révélé dans l’Éden original — celui que Dieu regarda avant de dire que c’était très bon. Mais Silver est un scientifique, donc il n’est peut-être pas supposé en faire ainsi.

D’un autre côté, au début de chaque section de son livre, il cite un passage des Écritures, quoique sans explication. Chose intéressante, un des versets qu’il cite ébranle le fondement évolutionniste de la science moderne et de la génétique : « Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme » (Genèse 1:26-27).

La lecture de ces trois livres donne au lecteur un sentiment de respect mêlé d’admiration devant le dessin incroyablement organisé qui caractérise la vie. Soit les complexités de la vie démontrent l’existence d’un Créateur suprême, soit toutes les formes de vie proviennent d’une seule cellule. Silver et Ridley ont choisi de croire la deuxième hypothèse, quoique Silver admette que la probabilité que ceci arrive à nouveau par hasard est nulle. Pourtant, personne ne peut expliquer ce qui a produit cette première cellule à un point donné dans le lointain passé, ou comment elle s’est développée en une myriade de formes de vie que nous voyons aujourd’hui. Personne non plus ne peut expliquer de manière adéquate comment l’incroyable prééminence de l’homme a pu se développer purement par accident à partir d’une seule cellule. En fait, nombreux sont ceux qui estiment qu’une telle proposition vide de sens est une insulte faite à leur intelligence.

L’ultime clone

La réalité est que Dieu revendique la paternité de toute forme de vie. Il a créé les différentes espèces sur lesquelles l’humanité fait aujourd’hui ses expérimentations. En particulier, Dieu revendique qu’il a fait l’homme à son image. Il y a dans les humains quelque chose d’unique et de différent qui les place à part, et ce en dépit des similarités génétiques avec les autres formes de vie. Il y a un élément spirituel dans l’être humain qui transforme la façon dont l’esprit fonctionne (voir 1 Corinthiens 2:11).

Comme Silver le souligne, « la spécificité de l’humanité ne se situe qu’entre nos oreilles ». Il observe que « l’essence de la vie humaine est dans l’esprit humain, et non dans des molécules inertes d’ADN. La question de savoir si l’esprit humain doit être considéré comme faisant parti du domaine de Dieu est pour l’instant une question de foi, pas de science » (Remaking Eden, p. 204 et 276). La science ne peut expliquer le caractère unique de l’esprit humain à travers la théorie de l’évolution, pourtant la foi fondée sur la Bible le peut, et ce de façon claire et non équivoque.

À bien des égards, le plan pour l’humanité révélé par Dieu est dégradé et ignoré au sein des développements scientifiques. Les institutions du mariage et la famille nucléaire, ainsi que la côté sacré des relations sexuelles — qui sont des aspects importants de la volonté divine — sont considérés par beaucoup comme n’étant plus appropriés. Même la suprême promesse biblique de l’immortalité sera bientôt prise pour acquise par l’humanité qui met de plus en plus sa foi en l’apparente marche inexorable du progrès scientifique.

Même s’il sera possible à l’homme un jour de manipuler les gènes humains afin d’améliorer la condition humaine, la santé, le bonheur et la longévité, nous devrions peut-être nous rappeler que tout ceci est peu par rapport à ce que Dieu a à offrir. Car dans un certain sens, c’est l’objectif époustouflant de Dieu que de se « cloner » lui-même en transformant les êtres humains avec sa nature et son caractère spirituels. Cet objectif est souligné non dans les pages du génome humain mais dans les pages de la Sainte Bible.

Si les avancées scientifiques étaient traitées dans un contexte plus large qui prêterait une attention particulière à la volonté de Dieu, alors les problèmes éthiques et humains ne seraient pas négligés — et les sujets controversés pourraient être suivis d’une manière responsable devant les besoins sociaux et spirituels de l’humanité. L’alternative, spécialement dans le domaine de la génétique, serait de s’exposer à un éventuel désastre. Dieu, à travers le prophète Osée, a dit de ceux qui le rejetaient : « Ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête ». Pour paraphraser ce verset en terme de biotechnologie, « si nous avons semé le clone, nous moissonnerons éventuellement le cyclone » !

Si vous voulez en savoir plus sur ce nouveau secteur de l’activité humaine, quels sont certains des problèmes et soucis éthiques, et comment il affectera l’humanité dans les années à venir, ces trois livres sont un bon début par où commencer et méritent une lecture attentive.