En finir avec la corruption ?

L’ironie de la chose, c’est que le fossé qui existe entre les riches et les pauvres est bien plus important en Afrique qu’au niveau mondial. Sur ce continent, plus de 300 millions de personnes – environ un tiers de la population totale – subsistent avec moins d’un dollar par jour, alors que, selon le rapport mondial sur la santé publié par Merryl Lynch en 2006, les 100 000 personnes les plus riches d’Afrique ont une richesse totale d’environ 800 milliards de dollars, contre 700 milliards de dollars l’année précédente. « Ne pensez plus au fossé qui existe entre le Nord et le Sud », a écrit Aidan Hartley dans The Spectator du 25 juin 2005. « Le fossé entre riches et pauvres dans des pays comme le Kenya est bien plus important que dans d’autres régions du monde. »

En effet, le montant de l’argent qui a été englouti en Afrique est énorme. Selon Hartley, « après avoir profité d’aides équivalant à six plans Marshall, l’Afrique est aujourd’hui plus pauvre qu’il y a 25 ans. »

Il est vrai que la réalité de la corruption doit être prise en compte dans la gestion de l’aide et dans le commerce, mais la corruption n’est pas seulement un problème africain. Comme l’attestent les récentes fraudes comptables de plusieurs milliards de dollars et les milliers de pots-de-vin illégaux qui avaient été donnés à Saddam Hussein dans le cadre du programme « pétrole contre nourriture » des Nations Unies, la corruption ronge toutes les sociétés, et pas seulement les sociétés africaines.