T’en fais pas, sois heureux

Un livre récent, intitulé Apprendre à être heureux : Neurobiologie du bonheur, nous dit que le pessimisme est le produit d’un cerveau dans lequel domine le lobe frontal droit. L’optimiste, d’un autre coté, a un lobe gauche dominant. C’est apparemment le résultat d’une des dernières recherches sur le cerveau. Le journaliste scientifique allemand Stefan Klein explique dans son livre que les émotions positives et négatives proviennent de différents systèmes mentaux. Mais grâce à la plasticité du cerveau – sa capacité à changer au cours de la vie – nos prédispositions sont peut-être plus malléables que nous ne le pensons. Donc la bonne nouvelle est que si nous voulons vraiment être heureux et optimistes, nous pouvons provoquer nous-mêmes un changement dans notre circuit neurologique ; nous pouvons avoir accès à la capacité du cerveau à refaire des connexions, et les pessimistes peuvent donc changer et devenir des optimistes.

Ça semble être une idée bizarre mais Vision a déjà évoqué il y a quelques années un rapport spécial sur le rôle que joue la volonté dans le changement d’attitude. Nous avions alors remarqué que « nous ne sommes pas programmées de façon irréversible par nos gènes ou par notre environnement de base ; nous pouvons effectuer des changements dans nos vies à l’aide d’une réflexion consciente et voulue menant à l’action » (cf. article La science du cerveau change d’état d’esprit dans le numéro de l’été 2004). Ce que la science du cerveau nous montre est quelque chose qui fait partie depuis longtemps du « bon sens ». Enfant, je me rappelle lire et entendre la vérité simple qui disait « Tu ne peux pas être optimiste avec une mauvaise optique » – une formule gravée sur un support en cuir pour un essuie-lunettes que ma mère gardait dans un tiroir. Sans une vision claire de la vie et de son sens, nous sommes prédisposés au négativisme, aux pensées pessimistes, au doute et à l’incertitude.

« De nouvelles études ont jeté de la lumière sur les liens qui existent entre le corps et l'esprit - des liens qui ont longtemps été négligés par les scientifiques... Chose étonnante, de nombreuses découvertes scientifiques récentes confirment la sagesse ancienne. »

Stefan Klein, Apprendre à être heureux : Neurobiologie du bonheur

Klein propose des stratégies pour combattre la dépression, y compris participer à des activités qui engendrent un succès rapide afin que l’expérience laisse une empreinte. Il invite les pessimistes à noter les pensées négatives et à faire une liste des contre arguments pour les vaincre. De nouveau, ces idées ne sont pas nouvelles. Le livre des Proverbes, vieux de 3000 ans, et que l’on attribut à Salomon, roi d’Israël, affirme que « un cœur joyeux rend le visage serein ; mais quand le cœur est triste, l’esprit est abattu » (15 : 13), et que « un cœur joyeux est un bon remède, mais un esprit abattu dessèche les os » (17 : 22). Les anciens connaissaient le lien qui existe entre l’esprit et le corps – ce qui est bénéfique et ce qui est néfaste.

Est-ce possible d’étendre cette façon de penser thérapeutique à la vague de doutes concernant le Nouveau Testament qui déferle actuellement sur le monde occidental ? Les doutes concernant la véracité des récits du Nouveau Testament ont vaincu certains érudits, chercheurs et auteurs religieux.

L’auteur du troisième Évangile était un homme méticuleux, un médecin de profession. Luc ouvre son récit avec l’assurance d’avoir parlé à des témoins oculaires lors de la rédaction de ce qu’il appelle un « récit ordonné ». Il déclare qu’il a suivi de manière exacte les évènements dès le commencement et que sa narration renforcera la certitude de ce qui est cru. Aborder le récit avec optimisme, dans une optique claire, permet que l’histoire se déroule sans préjugés.

Comment neutraliser dans nos esprits les effets du doute et du pessimisme sur les thèmes religieux ? Les conseils que Klein donne aux personnes souffrant de dépression peuvent être appliqués. Noter les pensées négatives ; réunir les contre arguments et les exemples. Faire en sorte que le côté optimiste domine ; établir de nouvelles connexions dans le cerveau.