Un problème mondial

Le Darfour n’est pas la seule région qui compte un grand nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDI). Même si la plus grande partie se situe en Afrique, au moins 40 autres pays comptent eux aussi un grand nombre de PDI.

Avec environ 2,4 millions de PDI seulement au Darfour et plus de 6 millions dans tout le Soudan, cette nation détient le triste record d’avoir plus de personnes déplacées dans ses propres frontières que tout autre pays. Entre 20 et 25 % des PDI sont à l’heure actuelle des Soudanais (sans compter les réfugiés qui sont partis dans d’autres pays). Les autres nations africaines comptant un grand nombre de PDI (entre 1 et 2 millions chacune) sont l’Ouganda, la République démocratique du Congo, l’Angola, le Burundi, le Libéria et la Côte d’Ivoire.

En Asie, figurent dans la liste l’Afghanistan, l’Iraq, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, les Philippines, l’Indonésie, le Myanmar (Birmanie) et le Sri Lanka. Parmi les nations d’Amérique latine, il y a la Colombie, le Pérou et le Guatemala. En Europe de l’Est, les Balkans et la Tchétchénie comptent un grand nombre de PDI.

« Ces pays ont en commun le fait que ce sont des nations extrêmement divisées où les gouvernements ne considèrent pas les populations déplacées comme étant des citoyens à protéger », déclare Francis Deng, ancien représentant du Secrétaire général de l’ONU sur les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays.

Durant les dernières décennies, nous avons assisté à une explosion du nombre de PDI. Selon le Global IDP Project, en 1982, 1,2 million de personnes étaient déplacées dans leur propre pays. Quatre ans plus tard, ce nombre était passé à 14 millions. En 1995, on estimait le nombre à 20-25 millions. Ce nombre n’a pas évolué au cours de ces dix dernières années, même si les régions actuellement frappées par ce problème de déplacement des populations ne sont pas nécessairement les mêmes que celles de 1995.

De plus, il y a environ 12 millions de réfugiés dans le monde – à peu près la moitié du nombre de PDI. « Plus le nombre de réfugiés a baissé, plus le nombre de PDI a augmenté », affirme Deng. « C’est en parti dû au fait que les pays se montrent de moins en moins hospitaliers envers les réfugiés, ce qui fait que les gens qui auraient pu devenir réfugiés sont à présent forcés d’être des PDI. En outre, les conflits internes qui ont engendré des déplacements à l’intérieur des propres frontières ont tendance à augmenter depuis 15 ans – depuis la fin de la guerre froide. L’augmentation de ces guerres civiles a fait accroître le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. »